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Les FRUITS CONFITS d'APT, produit culinaire du Luberon

#Economie #Gastronomie #Patrimoine #Luberon

Apt est non seulement la capitale du Luberon mais aussi une des capitales mondiales du fruit confit. Ces confiseries, utilisées en pâtisserie, sont fabriquées en remplaçant par osmose l’eau du fruit par du sucre assurant ainsi la conservation du fruit.

Des éléments permettent d'affirmer que l'utilisation de fruits confits étaient déjà une réalité dans l'Egypte ancienne, il y a plus de 4000 ans. C'est aussi le cas chez les romains qui consommaient des fruits confits dans le miel.

Pendant les croisades en Orient, les croisés découvrent les confitures et les fruits confits.

A la fin du Moyen Age, ces friandises arrivent en France et à la cour papale d’Avignon.

Ainsi, en 1330, lors d'un banquet organisé à la demande du Cardinal Annibal de Ceccano, des fruits confits sont servis en garniture et décoration d'un dessert.

En 1348, le pape Clément VI gratifie un confiseur d’Apt, Auzias Maseta, du titre « d’écuyer en confiserie », soit un escouyero in confissarias en latin. Ce pape se fera livrer plusieurs dizaines de milliers de litres (ou centaine de setiers, mesure de l'époque) tout au long de son mandat papal. Il est toutefois bon de préciser que ce volume doit être à considérer pour des confits dans son sens large de l'époque, donc incluant dragés, confitures, fruits confits, etc.

En 1365, les consuls d’Apt offrent des fruits confits à son successeur, le Pape Urbain V, alors en pèlerinage à Apt.

Au XVème siècle, un développement est possible avec la baisse des prix du sucre, avant cela un produit de grand luxe.

Dans les années 1650, Madame de Sévigné aurait qualifié la ville d’Apt de « chaudron de confiture », mais cette appelation semble toutefois lui être contestée.

En 1660, c'est Anne d'Autriiche, lors de sa venue à Apt, qui reçoit le présent de « confitures sèchés », entre autres choses.

Au XVIème, Nostradamus aurait fait évolué le processus de fabrication.

Au millieu du XVIIème, l'activité est importante et on dénombre sur Apt même pas moins de 6 maîtres patissiers-confiseurs. Toutefois, la révolution française va mettre à mal cet artisanat qui ne redécolara qu'une vingtaine d'années plus tard.

Vers 1800, Louis Rey ré-implante une usine artisanale. En 1806, c'est quatre établissements qui réalisent la production: Pin, Léger, Elzière et bien entendu Louis Rey.

En 1808, Maxime de Pazzis, aux page 325 puis 326 de son ouvrage « Mémoire statistique sur le département de Vaucluse », parle des exportations de confitures (vocabulaire utilisé alors pour l'ensemble des éléments faits à base de fruits et de sucre) d'Apt, à base de miel ou de sucre, dont « la renommée est justement célèbre, même à Paris ».

En 1868, le commerçant anglais Mathieu Wood découvre à Apt ces fruits confits et décide de la commercialiser dans ses magasins, en Angleterre. C'est une nouvelle dimension qu’offre ce nouveau marché et l’essor de l’industrie est alors relativement import. On ne sait de quand date ces nouveauté, mais la production a réussi a diversifier ces fruits en y ajoutant des fleurs, comme par exemple des pétales de rose, des violettes, ou encore des feuilles de vignes.

Fin du XIXème, début du XXème siècle, les fruits confits s’exportent tellement que des filiales sont créés en Angleterre, aux USA ou encore en Italie.

En 1902, lors d’une exposition à Chicago, il fut possible de voir tout le savoir faire des maitres confiseurs aptois car un confiseur de l'usine Reboulin avait réussi à confire un figuier dans son ensemble, c’est-à-dire en incluant les fruits, les feuilles et mêmes les branches, et avait expédié le tout là-bas en pièces détachées.

Les fruits confits sont faits à base de melon, poire, cerise, abricot, figue, prune, clémentine, angélique, cédrat, citron, orange et ananas. Certains fruits sont produits localement, d’autres proviennent des colonies d’alors. Certains territoires locaux, comme le proche Venasque avec les cerises, se spécialisent dans la culture de fruits spécifiques.

Mis en sommeil pendant la seconde guerre mondiale, l’activité est relancée dans les années 50 grâce à la modernisation des fabriques. Dans les années 1960, l’usine Apt-Union de fruits confits regroupe les 10 grandes fabriques locales. Les fruits confits produits à Apt approvisionnaient le monde entier.

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